Recherche avancée

Berne > Aktuelles > Déclaration de Jean Asselborn sur la politique étrangère... >

Déclaration de Jean Asselborn sur la politique étrangère et européenne à la Chambre des députés

Mittwoch, 13. März 2019

Devant la Chambre des députés, le ministre des Affaires étrangères et européennes du Luxembourg, Jean Asselborn, a prononcé la déclaration sur la politique étrangère et européenne, le mercredi 13 mars 2019.

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise a exposé aux représentants du peuple luxembourgeois les grandes orientations de la politique étrangère basées sur l’accord de coalition du nouveau gouvernement. Le ministre a passé en revue les grands enjeux à l’ordre du jour européen et international.

Jean Asselborn a commencé par revenir sur la finalité de la politique étrangère du Grand-Duché, qui est celle de défendre les intérêts du pays et de ses citoyens, en garantissant sa souveraineté, son indépendance et sa liberté. Or, ce n’est que dans le cadre d’une Europe forte, au sein d’un ordre mondial fondé sur des règles, que le Luxembourg peut atteindre ses objectifs, a souligné le ministre. Les valeurs universelles que défend le pays ne sauraient donc se distinguer de ses intérêts.

Europe, Union européenne

Conscient de l’enjeu que représentent les élections européennes du 26 mai 2019 pour l’avenir de l’Union européenne, Jean Asselborn a souhaité placer l’Europe au premier plan de sa déclaration.

De l’intérieur, l’UE est aujourd’hui confrontée à des courants politiques qui proposent des solutions simplistes face à des problèmes complexes, et utilisent le mensonge ou la peur pour remettre en question nos valeurs fondamentales tout en promettant un avenir meilleur sans pour autant offrir d’alternative crédible.

De l’extérieur, c’est le système multilatéral international qui est remis en question, par des acteurs politiques peu soucieux du droit international, appliquant une politique commerciale agressive ou des campagnes de désinformation, et affaiblissant de l’intérieur nos systèmes démocratiques.

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise estime cependant qu’il serait irresponsable de faire comme si tout allait bien. Les citoyens ont des attentes qui doivent être prises au sérieux. Le retrait, pour la première fois de l’histoire de l’Union européenne de l’un de ses Etats membres, démontre que l’intégration européenne n’est pas une évidence. Dans ce contexte, les élections européennes de mai 2019 constituent un moment démocratique important, puisque les citoyens pourront décider de la direction commune que l’UE devra prendre.

Ainsi, après les consultations citoyennes qui ont eu lieu l’an passé, le gouvernement luxembourgeois a décidé d’intensifier le débat sur l’Europe. Le ministre est d’accord avec le Président français Emmanuel Macron pour refuser de compter parmi les somnambules d’une Europe léthargique. Jean Asselborn a souligné que l’espace Schengen et l’euro sont des acquis qu’il faut préserver.

En ce qui concerne les Etats membres qui remettent en question nos valeurs communes, le chef de la diplomatie a assuré que le Luxembourg continuera de s’engager résolument pour le respect de l’Etat de droit au sein de l’UE, et ce notamment en soutenant la Commission européenne dans le cadre de la procédure de l’article 7.

Le ministre Asselborn estime que les attentes des citoyens, en termes de qualité de vie et de protection sociale, n’ont pas toujours été suffisamment prises au sérieux par le passé. Il s’agit désormais de renforcer la dimension sociale de l’Europe et de s’engager pour une répartition plus juste des richesses, a lancé le ministre, tout en annonçant que le Luxembourg allait s’engager, au niveau européen, pour l’introduction d’un salaire minimum, pour un soutien aux chômeurs, pour un socle de minimas sociaux, et également pour l’introduction d’une garantie pour les enfants menacés de pauvreté et pour les chômeurs âgés. Le principe de salaire égal à travail égal doit empêcher l’exploitation des travailleurs détachés, a rappelé le ministre, qui estime qu’avec la création d’une Autorité européenne du Travail, les Etats membres auront les moyens d’organiser des contrôles transfrontaliers et d’améliorer les échanges d’informations.

Jean Asselborn est d’avis que si l’on ne parvient pas à mieux protéger les citoyens sur le plan social, le risque est d’apporter de l’eau au moulin de ceux qui veulent nuire à l’Europe à coup de « fake news ». Il a également reconnu que les forces qui prônent le nationalisme et la xénophobie ont été sous-estimées.

Pour lutter contre ces tendances négatives et donner un nouvel élan à l’UE, le ministre a mis en exergue le cadre financier pluriannuel de l’Union européenne, qui est en cours de discussion et fixe les priorités budgétaires de l’UE des 27 pour les prochaines années. Le Luxembourg plaide pour un budget moderne et ambitieux. L’UE se doit de se donner les moyens à la hauteur de ses ambitions, notamment dans des domaines comme l’innovation et la numérisation, ou encore l’environnement. Dans le cadre de ces discussions, le Luxembourg soutient le mécanisme dit ‘Etat de droit’, qui permettrait de protéger les intérêts financiers de l’UE en cas de défaillance de l’Etat de droit dans un Etat membre.

« Nous avons besoin d’un marché intérieur qui tienne compte du principe de durabilité en termes de politique économique, environnementale et sociale », a affirmé le chef de la diplomatie luxembourgeois en mettant l’accent sur la nécessité de pouvoir être compétitif sur le plan de l’économie numérique ou de l’intelligence artificielle, un domaine dans lequel un équilibre doit être trouvé entre les gains de productivité et le facteur humain et les aspects éthiques.

Le Luxembourg est en faveur d’une fiscalité juste appliquée aux activités numériques. Le ministre a plaidé pour une approche cohérente et des conditions équitables, et donc pour une solution au niveau de l’OCDE. Les citoyens doivent pouvoir continuer de vivre de leur travail et les entreprises doivent pouvoir profiter des meilleures conditions, dans un marché intérieur ouvert et plus efficace. Le chef de la diplomatie luxembourgeoise entend veiller à ce que cette ambition soit la principale mission de la future Commission européenne dans le cadre de l’agenda stratégique 2019-2024.

Politique commerciale

En termes de politique commerciale, Jean Asselborn a mis en exergue que les questions de commerce international doivent absolument être réglées dans un cadre multilatéral. Il a mis en garde contre les velléités protectionnistes et unilatérales dans le monde. « Le maintien d'un système commercial basé sur des règles est une nécessité absolue. Notre économie, notre industrie, nos petites et moyennes entreprises, ainsi que notre secteur des services, bénéficient comme peu d’autres, non seulement de l'ouverture du marché intérieur, mais également d’un accès libre aux marchés internationaux », a fait remarquer le ministre. En outre, le chef de la diplomatie luxembourgeoise s’est exprimé en faveur d’une économie européenne ouverte, favorable aux investissements, et qui permette decréer des emplois dans un cadre juste et respectueux de l'environnement.

Brexit

En ce qui concerne le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, le chef de la diplomatie luxembourgeoise a estimé qu’après le rejet de l’accord de retrait par le Parlement britannique, il est difficile de voir comment cet accord pourrait encore être ratifié. Dans ce contexte, il a rappelé que l’Union européenne serait prête à considérer une éventuelle demande d’extension du processus sous l’article 50 de la part du Royaume-Uni, si celle-ci permet de faire évoluer la situation.

Vu la situation actuelle, le Ministre Asselborn a ajouté qu’il faudrait désormais être prêt à faire face au scénario d’un Brexit sans accord, comme prévu par les mesures de sauvegarde prises au niveau européen et national.  Ceci inclut notamment la protection des droits des citoyens.

Ainsi, en ce qui concerne le droit de séjour des 6.000 citoyens résidents britanniques au Luxembourg, le gouvernement a pris la décision « d’accorder un délai d’un an pour que leur situation puisse être régularisée ». Le ministre a souligné que le Royaume-Uni demeurera un partenaire important pour le Luxembourg, et que le cadre des relations futures ne devra pas compromettre l’intégrité du marché intérieur et assurer des règles du jeu équitables.

Relations avec pays voisins

Le ministre Asselborn a rappelé l’importance des relations avec les pays voisins aussi sur le plan du développement économique : « Nous devons approfondir notre coopération transfrontalière avec nos pays et régions voisins ». Il s’est exprimé en faveur de synergies entre les différentes entités, et d’un rapprochement entre les citoyens de la Grande Région.

Illustrant l’intensité des relations avec nos pays voisins, le ministre a affirmé que « les relations avec nos voisins sont si étroites qu'on ne peut presque plus parler d’une politique étrangère, mais plutôt d’une politique régionale européenne. »

Benelux

Le Luxembourg assume en 2019 la Présidence du Comité de ministres de l’Union Benelux. Le ministre a profité de l’occasion pour mettre en avant les trois priorités de la présidence luxembourgeoise : l'approfondissement du marché intérieur, la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique, et la promotion de la numérisation.

Nouvelles alliances

Le ministre Asselborn a également fait savoir que le Luxembourg compte intensifier les relations avec des pays qui, bien qu’ils ne soient pas proches d’un point de vue géographique, partagent néanmoins notre idée d’une Europe ouverte, compétitive et sociale. Le retrait du Royaume-Uni de l’UE aura un impact sur la dynamique au sein du Conseil de l'UE. Les Etats membres de petite et de moyenne taille devront examiner la façon dont ils peuvent mieux faire valoir leurs positions. Dans ce contexte, le Luxembourg poursuivra ses efforts pour élargir sa coopération avec les pays aux vues similaires, dont les pays nordiques et les pays baltes.

Siège

Le ministre Asselborn a mis en avant les efforts menés dans le cadre de la politique de siège des institutions européennes et internationales. Il a notamment fait référence à la mise en œuvre de l’accord Asselborn-Georgieva signé en décembre 2015 pour développer davantage encore la présence des institutions européennes dans trois secteurs stratégiques -  financier, juridique et digital. Le ministre a également informé que les travaux en vue de l’installation du Parquet européen avancent à un rythme soutenu.

Elargissement

Abordant la politique d’élargissement de l’Union européenne, le ministre Asselborn est revenu sur les progrès des négociations avec les pays candidats. Le ministre s’est tout particulièrement félicité des récents développements en République de Macédoine du Nord. Ce pays a démontré avec la Grèce qu’une résolution pacifique et diplomatique d’un conflit est possible.

Si les discussions avec la Turquie sont actuellement au point mort, le ministre a souligné que la Turquie demeure un partenaire stratégique important. A chaque opportunité de dialogue avec les autorités turques, il convient de mettre en avant la nécessité de respecter les droits de l’homme et l’Etat de droit.

Politique de voisinage

En ce qui concerne le voisinage oriental de l’UE, le ministre Asselborn est revenu sur le conflit en Ukraine et les relations avec la Russie.

Tout en regrettant que la pleine mise en œuvre des accords de Minsk n’ait pas pu être réalisée, Jean Asselborn a estimé qu’il est difficile d’avancer à ce stade en raison des élections présidentielles qui auront lieu fin mars et des élections législatives qui doivent se tenir en octobre en Ukraine. A côté de la politique des sanctions, Jean Asselborn a plaidé pour que l’on établisse un véritable dialogue avec la Russie, qui est un acteur politique et économique incontournable.

Migration 

Sur les questions migratoires, le chef de la diplomatie luxembourgeoise a commencé par regretter les divisions au sein de l’UE, en constatant que l’Union n’est pas en mesure de gérer convenablement la situation actuelle, et encore moins de faire face à un nouvel afflux potentiel de réfugiés.

S’il est vrai que les demandes de protection internationale ont diminué de 90% au sein de l’UE, il n’en est pas moins vrai que l’Europe s’est transformée en forteresse. Le contrôle aux frontières extérieures de l’UE est légitime, mais le ministre Asselborn a regretté le fait que l’UE n’ait pas encore pu tenir ses engagements envers l’Afrique en matière d’exploration de voies de migration légale. Pourtant, sans une telle approche et sans le respect des droits ancrés dans la Convention de Genève, l’UE ne réussira pas à construire un partenariat en la matière, et encore moins à garantir le retour de demandeurs déboutés du droit d’asile, a estimé le ministre.

Le manque d’entente au sein de l’UE sur la gestion des flux migratoires continue à avoir comme conséquence tragique la mort de centaines de personnes en Méditerranée. Depuis le début de l’année, nous dénombrons déjà plus de 200 morts en mer.

La pression sur les systèmes d’asile reste élevée, même si la tendance est légèrement à la baisse. D’après les chiffres du Bureau européen d'appui en matière d'asile (EASO), les demandes d’asile ont connu une baisse de 10% en 2018. Le taux de reconnaissance du statut de réfugié a également reculé de 40% à 34%, de 2017 à 2018.

La déclaration entre l’UE et la Turquie et l’aide de 6 milliards d’euros qui l’accompagne, contribuent à améliorer les conditions de vie de milliers de réfugiés sur le terrain. Malgré cela, quelque 15.000 personnes sont toujours bloquées dans les hotspots des îles grecques, dans des conditions de vie dramatiques.

La situation en Libye demeure également inquiétante. Le ministre Asselborn a rappelé, dans ce contexte, qu’il ne suffit pas de former les garde-côtes libyens et de leur mettre des navires à disposition, mais qu’il est essentiel d’assurer un monitoring des actions des garde-côtes du point de vue du respect des droits de l’homme.

Pour faire face aux différents défis migratoires, le chef de la diplomatie luxembourgeoise a estimé qu’il est d’abord nécessaire de rétablir la confiance en l’Europe, et d’appliquer les règles Schengen aux points d’entrée des migrants. Pour diminuer la pression sur les pays aux frontières extérieures, des voies migratoires légales sont nécessaires, ainsi qu’un mécanisme de répartition basé sur la solidarité en cas de crise et une politique de retour qui soit digne. Le ministre Asselborn a regretté que ces mesures, pourtant incluses dans les projets de réforme de la Commission européenne, ne se soient pas concrétisées et a appelé de ses vœux que le statu quo puisse être brisé après les élections européennes.

Le ministre Asselborn a ensuite passé en revue l’engagement du Luxembourg sur le plan international, engagement qui s’appuie sur l’approche 3D – diplomatie, développement, défense – ainsi que sur l’approche multilatérale, avec l’objectif concret de contribuer à la paix, à la sécurité et à la prospérité.

Afrique

Sur le continent africain, dont le destin reste inextricablement lié à celui de l’Europe, le Luxembourg reste engagé avec l’UE pour trouver des solutions communes aux défis que les deux continents affrontent, et ce en collaboration avec l’Union africaine. Le chef de la diplomatie a salué les avancées démocratiques sur le continent, tout en rappelant que l’Afrique comme l’Europe n’ont pas besoin de chefs forts, mais d’institutions fortes. Il s’est également réjoui de l’accord de paix entre l’Erythrée et l’Ethiopie, porteur d’espoir pour toute la région de la Corne de l’Afrique, et qui met un terme à plus de 20 ans de guerre froide entre ces deux pays. Lors de son récent déplacement en Erythrée et en Ethiopie, le ministre Asselborn a pu se faire une idée de la situation sur le terrain. Il a pu constater que les frontières entre les deux pays sont désormais ouvertes, et que des vols quotidiens ont lieu entre Addis Abeba et Asmara. Il a surtout été impressionné par la solidarité démontrée par l’Ethiopie dans l’accueil de milliers de réfugiés. Lors de ses entretiens avec les autorités érythréennes, le ministre Asselborn a insisté sur le fait que tout attente en matière d’assistance et d’investissements financiers en provenance de l’UE devra être accompagnée de mesures concrètes en matière de respect de l’Etat de droit.

Devant les représentants du peuple luxembourgeois, le ministre Asselborn a rappelé que la présence diplomatique luxembourgeoise au Sahel a été renforcée, avec la nomination d’un Ambassadeur résident au Sénégal, co-accrédité au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Il a également appelé à ne pas sous-estimer la déstabilisation à laquelle la région du Sahel est exposée à l’heure actuelle.

Dans ce contexte, l’action au Sahel constitue aujourd’hui l’exemple phare de la politique des 3D du Luxembourg, combinant les instruments de la diplomatie, du développement et de la défense.

Afghanistan, Pakistan, Inde

L’approche 3D s’applique également en Afghanistan, pays où les défis demeurent considérables. Si le Luxembourg soutient les efforts de pourparlers entre les autorités américaines et les talibans, le ministre Asselborn a insisté sur le fait que la paix durable ne saurait être atteinte que si le dialogue se concrétise entre les Afghans, et avec les Afghans, comme le Président afghan l’a rappelé lors de la visite du chef de la diplomatie luxembourgeoise à Kaboul. L’engagement du Grand-Duché se traduit également par un investissement total de 100 millions d’euros jusqu’en 2020 et par la participation de l’Armée luxembourgeoise à la mission « Resolute Support » de l’OTAN.

Lors de son déplacement récent au Pakistan, Jean Asselborn salué les mesures de désescalade prises par les autorités pakistanaises à la suite des tensions récentes autour de la région du Cachemire. Il a encouragé les autorités à Islamabad à poursuivre le dialogue avec l’Inde.

Iran

Jean Asselborn a regretté le retrait unilatéral des Etats-Unis de l'accord nucléaire conclu en 2015 entre l'Iran et les grandes puissances afin d'empêcher Téhéran de se doter de l'arme atomique. L’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a certifié à quatorze reprises déjà que l’Iran met pleinement en œuvre ses engagements. Il ne faut cependant pas perdre de vue que l’Iran continue à développer ses capacités militaires et notamment son programme de missiles balistiques, et sa politique régionale pose problème, a rappelé le ministre. Le Luxembourg partages les craintes des Etats-Unis à cet égard, mais ces aspects ne font pas partie du JCPOA. Le Luxembourg plaide pour une politique large vis-à-vis de l’Iran incluant aussi les questions liées aux droits de l’homme.

Yémen

Se félicitant des consultations destinées à relancer un processus de paix pour le Yémen à Stockholm, sous l’égide des Nations Unies, le ministre Asselborn a mis en garde contre un blocage du port d’Hodeïda, qui risquerait d’accentuer l’une des plus graves crises humanitaires au monde.

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise est ensuite revenu sur l’engagement luxembourgeois au Yémen, qui est à la fois humanitaire et politique. Ainsi le Luxembourg allouera en 2019 au moins 1,75 millions d’euros pour des projets humanitaires et soutient l’initiative des Pays-Bas dans la lutte contre l'impunité au Yémen.  Le ministre a également exprimé son plein soutien à la médiation de l’ONU menée par son envoyé spécial Martin Griffiths.

Syrie et Irak

Expliquant que l’engagement en faveur du multilatéralisme, du droit international et des droits de l’homme n’est jamais aussi nécessaire qu’en zone de conflit, Jean Asselborn s’est ensuite penché la Syrie et l’Irak.

Seule une transition politique fondée sur la résolution 2254 peut apporter la paix et la stabilité en Syrie, a rappelé le chef de la diplomatie luxembourgeoise, alors que le conflit syrien est entré dans sa neuvième année. Le conflit ne pouvant être résolu de manière militaire, Jean Asselborn a réaffirmé la nécessité de soutenir les efforts du nouvel envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Geir Pedersen.

Exprimant son espoir que la reconstruction et la coopération avec la communauté internationale progressent en Irak, Jean Asselborn a salué que le pays se soit doté d’un nouvel exécutif.

Israël et Palestine

Jean Asselborn a constaté que la politique de colonisation d’Israël se poursuit, en violation de la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Il a rappelé que la décision des Etats-Unis de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël est un acte unilatéral qui va à l’encontre de plusieurs résolutions des Nations Unies.

Regrettant la décision des Etats-Unis de couper leur aide à l’UNRWA, l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, le ministre Asselborn s’est tout particulièrement félicité de la mobilisation internationale qui a permis à l’UNRWA de continuer son travail essentiel en faveur des réfugiés palestiniens. Le Luxembourg continuera de soutenir l’UNRWA.

Venezuela

Alors que la solution à la situation difficile que traverse le Venezuela ne peut être que politique et pacifique, le ministre Asselborn a rappelé qu’à l'instar d’autres partenaires européens, le Luxembourg reconnaît le président de l'Assemblée nationale, Juan Guaidó, comme étant la personne habilitée à mettre en œuvre un processus électoral menant à des élections présidentielles libres, régulières et démocratiques, en conformité avec la Constitution du Venezuela.

Le Luxembourg soutient les efforts de la communauté internationale et le lancement par l’Union européenne du groupe de contact international qui a entamé son travail début février afin de contribuer à créer les conditions nécessaires à l’émergence d’un processus démocratique crédible au Venezuela. Jean Asselborn a aussi mentionné l’aide humanitaire fournie par la Luxembourg pour venir en aide aux réfugiés vénézuéliens.

Nicaragua

Rappelant que le Nicaragua est un pays partenaire de la Coopération luxembourgeoise depuis les années 1990, le ministre Asselborn a regretté que la situation demeure inquiétante, notamment en ce qui concerne la violation des droits de l’homme.

Dans ce contexte, le ministre Asselborn a souligné que le Luxembourg, ensemble avec l’UE, soutient les efforts en cours pour relancer le dialogue national, seule issue à la crise actuelle.

Etats-Unis

Jean Asselborn a réitéré que les Etats-Unis demeurent un interlocuteur incontournable, même si la doctrine « America First » a laissé des traces au niveau des relations internationales et du commerce. Il a appelé l’Europe à souligner l’importance de la relation transatlantique et à rester fidèle à ses valeurs

Traité FNI

La fin annoncée du traité FNI entre les Etats-Unis et la Russie affecte directement les Européens et leur sécurité collective. Le ministre Asselborn a insisté sur l’importance de tout mettre en œuvre pour encourager le dialogue russo-américain dans les prochains mois. « Idéalement, les traités de désarmement devraient être non pas dénoncés mais renforcés en y incluant d’autres pays, notamment la Chine », a-t-il fait observer. Dans ce contexte, le Luxembourg s’engage dans l’initiative lancée par l’Allemagne pour créer une nouvelle dynamique en matière de contrôle de l’armement en Europe.

Sécurité

Au vu des défis sécuritaires auxquels l’UE doit faire face, la politique de sécurité et de défense revêt une importance particulière. Le Luxembourg demeure un membre actif et engagé, et assume également ses responsabilités au sein de l’OTAN, qui joue un rôle central pour notre sécurité.

Le ministre a également rappelé qu’une nouvelle loi est entrée en vigueur en juillet 2018 qui permet de renforcer, de concert avec le ministère de l’Economie, le contrôle des exportations de biens à double usage ainsi que des produits liés à la défense.

Diplomatie économique

Après avoir rappelé que 83% du PIB luxembourgeois découle d’activités internationales, le ministre Asselborn a souligné que la politique étrangère est un instrument au service de la promotion de l’économie nationale. A travers sa diplomatie économique, le ministère promeut l’attractivité du Luxembourg en termes de dynamisme et de diversité, en accord avec le Trade and Investment Board (TIB).

Le domaine des services aériens a connu un essor avec la signature d’accords bilatéraux avec le Burkina Faso, l’Uruguay, le Sri Lanka et le Brésil et d’un protocole d’accord avec l’Ouzbékistan.

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise a souligné que, dans le contexte de la diplomatie économique, le Luxembourg ne ferme pas les yeux devant de potentielles violations des droits de l’homme. Il a ainsi évoqué l’adoption du premier plan d’action nationale « Entreprises et droits de l’homme » en juin dernier.

Droits de l’homme

Face aux violations répétées des droits de l’homme et face à la remise en cause de l’Etat de droit, y compris au sein même de l’Union européenne, Jean Asselborn a souligné le caractère indispensable d’une diplomatie engagée et qui ne mâche pas ses mots, d’une politique étrangère solidaire et responsable, qui défende les droits de l’homme et lutte contre l’impunité en soutenant en particulier la Cour pénale internationale. Le Luxembourg continuera à s’opposer aux visions autoritaires, racistes et populistes et s’engagera pour la dignité humaine.

Politique étrangère féministe

Dans le but de poursuivre une politique étrangère féministe, le Luxembourg promeut les droits des femmes et des filles et une meilleure participation des femmes à tous les niveaux de responsabilité. Le Luxembourg s’engage pour le renforcement du rôle social et politique des femmes et pour l’égalité des chances.

Dans ce contexte, le ministre Asselborn a mentionné l’adoption en juillet de l’année dernière du premier plan d’action national « Femmes et paix et sécurité » pour la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Il a aussi mis en évidence le rôle croissant des femmes dans la diplomatie luxembourgeoise.

Conclusion

Jean Asselborn a conclu son discours en affirmant que, plus que jamais, « nous avons besoin d'une diplomatie qui défend nos intérêts sans cependant sacrifier nos principes, nos valeurs et nos obligations ».

En réaffirmant l’attachement du Luxembourg à un système multilatéral qui se base sur la règle de droit, le ministre Asselborn a réitéré son engagement pour le renforcement des normes et des institutions internationales. Cet engagement est illustré par le fait que le Luxembourg s’est porté candidat au Conseil des droits de l’homme pour le mandat 2022-2024 ainsi que pour le Conseil de sécurité pour le mandat 2031-2032.

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise a souligné l’importance de l’engagement citoyen, dans le cadre des élections européennes à venir et de façon plus générale. Il a conclu en remerciant les députés et tous ceux qui s’engagent inlassablement pour les intérêts et les valeurs du Luxembourg et de l’Europe.

Zurück zur Ausgangsseite